L’osmose des coques en polyester

L’osmose est-elle la grande invention de ce nouveau siècle ? L’osmose est un mot bien connu des marins. On l’entend dans tous les ports de France et de Navarre. De nombreuses questions entourent ce phénomène. Une vérité dans tout cela : l’osmose n’a jamais empêché aucun navire de naviguer.
osmose bateau

 

Le type d’osmose dépend de la méthode de construction du bateau. Les navires « anciens » (avant 1985) utilisaient une résine monolithique qui se gorge d’eau mais provoque très peu de cloques en surface, d’où un phénomène d’osmosage très difficile à reconnaître. La coque se charge mais le délaminage est très faible. Pour les bateaux plus récents, l’osmose est plus manifeste : des cloques apparaissent à la surface du gel-coat et soulèvent l’antifouling.

Un moyen facile de reconnaître l’osmose consiste à percer ces cloques. Elles rependent une odeur très forte de vinaigre : ce sont les solvants de la résine qui s’échappent. Pour l’achat d’un bateau, le mieux est de le regarder au sec et de constater ou non la présence de ces cloques… Une expertise est une bonne idée. De toute façon, beaucoup d’assurances l’exigent avant de signer un contrat. L’expert utilisera un appareil qui mesure l’humidité résiduelle. Au-dessus de 15%, on peut parler d’un véritable osmosage. Mais pas de panique, cela n’empêche pas le bateau de vivre encore longtemps… Pour assurer une guérison, différents moyens peuvent être utilisés.

Lutter efficacement contre l’osmose

La technique la plus radicale est le pelage du bateau. A la raboteuse, on enlève le gel coat, on rince bien la coque puis on fait sécher le bateau avant de le ré-enduire et de passer un traitement préventif (produit à base de résine époxy qui bloque toute infiltration). Ce traitement est souvent insuffisant. Il vaut mieux recourir à un sablage après le pelage car les cloques s’enfoncent souvent profondément dans le tissu de verre et la raboteuse se contente de couper superficiellement le matériau.

En ajoutant le sablage, on creuse bien chaque aspérité, assurant ainsi une élimination complète des solvants. Ce traitement est long (le temps de séchage dépend de l’humidité résiduelle mesurée mais dure généralement plus de six mois) et coûteux: comptez environ 6000 euros pour un bateau de 30 pieds. Par contre, si cela est bien fait, le bateau est comme neuf.

Le stockage à terre, meilleure solution

Si le cloquage est local (bateau en résine monolithique ou osmose partielle), on peut traiter cloque par cloque en suivant l’évolution. On enlève à la ponceuse l’antifooling puis le primaire, on creuse au ciseau à bois la cloque et on enduit localement avec un enduit de ratissage… Sur un bateau, cette solution associée à un hivernage régulier à terre permet d’interrompre progressivement le phénomène d’osmose.

Dans tous les cas, le meilleur moyen de lutter contre l’osmose réside dans le stockage à terre durant la période creuse (et non en rivière car l’osmose est d’autant plus importante dans une eau non-salée). Attention également à l’eau résiduelle dans les fonds : l’osmose ne vient pas seulement de l’extérieur, elle est favorisée par une grande humidité à bord.

Enfin, il faut retenir un grand principe : les traitements epoxy préventifs ne doivent jamais être passés sur une coque humide, car on emprisonne alors l’humidité et on aggrave le phénomène. Sur une carène ancienne ou sur un navire traité cloque à cloque, un primaire mono-composant permet de sécher le bateau que l’on mettra à terre l’hiver. A l’inverse, un primaire epoxy (ou à base de résine desmodure) empêchera ce séchage et aggravera votre cas.

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